Mercredi 01 Novembre 2006

NOM DE CODE: LE CHINOIS.

Vous n'entendrez ni ne lirez nulle part l'histoire que je vais vous raconter. Exceptionnellement sur Dzblog et parceque je vous aime que je vous la raconte.

On dit,  en France,  qu'on commence à lever le voile sur la guerre d'Algérie. Oui, c'est vrai.  A peine. Timidement.

Vous lèverez tous vos voiles et  vous ne saurez jamais qui est le Chinois.

Ah, le Chinois! Mon coeur bat pour toi. C'est encore Laïd. Après-demain, je serai chez toi pour te souhaiter bone fête.

Durant la guerre d'Algérie, les Algériens de France ont vu des vertes et des pas mûres. Les Français, porteurs de valise aussi. Emprisonnement, raffles, tortures, intimidations, filatures, agressions, assassinats, noyades, matraquage. Enfin, un Algérien aux mains des autorités françaises verra une  Gestapo plus perfectionnée. Souvenez-vous de Papon, le préfet de Police de Paris.  La rafle du Vél D'hiv. Souvenez-vous du réseu Jeansen,  Henri Alleg, Jean-Louis Hurst, les frères des frères, comme on les appelle. Et beaucoup d'autres.

Contre la violence, le FLN répondait par la violence. Attentats contre policiers, coups de couteaux entre les côtes pour le collaborateurs, enlèvements, sabotage. Enfin la terreur qui terrorise la terreur. Jusqu'à l'heure où j'écris cette article, rares sont les personnes qui savent qui  en étaient les auteurs.

Pour vous, aujourd'hui, l'un d'eux se dévoile.  Ni nom ni prénom. Petit de taille, les  yeux bridés, le visage mongolien, mais tout en os. Le maigrelet petit homme qui n'a que la peau sur les eaux est capable de faire tomber un taureau d'un coup de boule et de transpercer une porte d'un coup de point. On dirait qu'il est né avec toutes le tecniques de combat. Il est rapide comme l'éclair et imprévisible.  Peut-être que  dans son métier, moi je l'appelle métier, il se devait de boire. Pas souvent. Il est toujours souriant et la tête baissée. Mais, quand il a bu, son sourire rayonne  encore plus. 

Il est marié à Arlette. Elle sait tout de lui, croit-elle. Non, elle ne sait rien de lui. "Algérie mon amour" oblige. 

- Rien,  rien?

- Oui. Rien, rien. Absolument rien. Je l'ai bernée pendant des années.

Ce que je constate, c'est qu'il n'avait aucune pitié quand il s'agissait de la cause algérienne. Sans sortir bien sûr du cadre des normes de guérilla. Enfin, s'il y a des normes. Il adore les enfants. Avec Arlette, il en a eu  deux. Deux blonds comme leur jolie maman. Farid et Djennnate. Rentré en Algérie en 1962, il renvoie Arlette. Mission terminée. Elle ignore pourquoi. Lui, le sait. Elle ne servira pas l'Algérie, parcequ'elle ne l'a pas servie quand il le fallait. "Le Chinois" sait ce qu'il fait.

Il était recherché par tous les services français. Il était fiché partout. Mais personne ne soupçonnait  que sous son portrait-robot se cachait un paisible algérien. Père de famille. Bon citoyen franco-musulaman. Très estimé des voisins. Très serviable. Et le plus étonnant, très timide.

Sa fille Djennate est  mère de famille. Son fils Farid, très gentil, timide, réservé a été abattu dans une  bataille rangée avec une bande rivale à Marseille. Oui, il est devenu un grand bandit.  

Allez, Je vous le dis. Hamma, c'est son pseudonyme de guerre. Il a toujours les cheveux le noirs, lisses et brillants comme les chinois, malgré son âge avancé.

- Hamma, combien  d'attentats as-tu commis en France? Et les "agresions", combien?

- Je crois que c'est l'heure de la prière!

- S'il te plait, Hamma! Je veux le savoir pour que je puisse le raconter à mes enfants.

- Tu entends, il a une belle voix le muezzin.

Hamma n'a jamais rien raconté à quelqu'un. Eh oui, à moi, il a raconté des choses, mais il ne le refera jamais plus. Il mourra avec ses secrets, j'en suis convaincu.

Personne ne sait qui était "le Chinois".  A quoi cela sert-il de raconter. Il a combattu "fi sabil Allah", dit-il. C'était le vrai djihad.

publié par LE VAGABOND. dans: VIVENT LES VAGABONDS.

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Quand le dernier arbre sera abattu, quand la dernière rivière sera empoisonnée, quand le dernier poisson sera pêché; alors, l'homme s'apercevra que l'argent  ne se mange pas. Géronimo (1819-1909).

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